ETAT DES LIEUX COVID 19 AU BURKINA AVRIL 2020

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Le COVID-19 qui sévit au Burkina Faso depuis le mois de mars 2020 constitue un problème de santé publique sans précédent à l’échelle nationale et mondiale. Cette pandémie a fragilisé les institutions, a ébranlé l’équilibre social et causé un ralentissement économique généralisé. En décembre 2019, l’épidémie touchait principalement la Chine et ses voisins avant de se disséminer dans le reste du monde, en Europe et particulièrement aux États-Unis. L’Afrique reste le continent le moins atteint mais la pandémie progresse et affecte particulièrement les pays du Maghreb et l’Afrique du Sud. Le Burkina Faso est un des pays les plus touchés en Afrique de l’Ouest avec six cent vingt-neuf (629) cas confirmés dont 41 décès au 24 avril 2020. Compte tenu de la vitesse de propagation de la pandémie, l’OMS rappelle l’importance de maintenir les efforts de prévention, d’alerte précoce et d’intervention dans tous les pays de l’Afrique de l’Ouest. La situation géographique du Burkina Faso en fait un carrefour d’échanges à l’échelle de la sous-région, principalement avec le Mali et la Côte d’Ivoire, créant ainsi un mouvement constant d’individus et favorisant la propagation des virus par voie terrestre. L’isolement de fait du Burkina Faso (tous les pays voisins ont fermé leurs frontières), s’il perdure, finira par asphyxier le pays et provoquer des troubles sociaux à même d’impacter négativement la stabilité politique du pays. Le Burkina Faso est plongé dans une grave crise humanitaire (plus de 800 000 personnes déplacées internes) et à une insécurité sur ses régions Nord, Est, Ouest, Centre-Nord et Sahel depuis 2016. La prise en compte de ce contexte sécuritaire inquiétant constitue un élément important dans la définition du plan de sortie de la crise sanitaire. Entre le défi de maintenir les dispositifs de prévention, de soins aux malades du COVID-19 et la nécessité d’anticiper la gestion des effets d’une épidémie qui a déjà provoqué des décès, la mise en quarantaine de plusieurs villes du pays y compris Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, l’arrêt de l’enseignement sur le territoire national et un ralentissement économique, il est primordial de réfléchir et de contribuer à orienter l’action collective. D’où cette initiative citoyenne regroupant des hommes et des femmes d’expérience constitués en groupes thématiques pour identifier et analyser les grands défis sectoriels et formuler des recommandations aux différents acteurs. La méthodologie a consisté à identifier et définir les défis et problèmes auxquels le pays est confronté, à faire des lectures pertinentes, à rassembler et analyser des données officielles, à consulter divers experts pour recueillir leurs avis et challenger les propositions issues des travaux. Le présent rapport est une synthèse des principales analyses et conclusions relatives aux secteurs de la santé, de l’eau, l’hygiène et l’assainissement, de l’éducation, de la recherche, de l’économie, de la sécurité, du dialogue, du pacte social et de la communication, de l’implication particulière des filles et des femmes et de l’intégration régionale.

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